Des larmes à la prière

Ces derniers mois ont été particulièrement éprouvants en raison du décès de mon père. La perte d’un être cher est toujours un événement dévastateur, semblable à un coup de massue qui nous frappe de plein fouet. La situation était déjà difficile, car je me remettais à peine d’un cancer du sein et de plusieurs mois de chimiothérapie. Je commençais à peine à retrouver quelques forces que, malheureusement, une nouvelle épreuve s’abattait sur moi me laissant encore un peu plus brisée.

J’ai compris que la traversée du deuil est une expérience particulièrement difficile. J’avais l’impression que pleurer à chaude larme suffirait à me permettre d’apaiser ma peine et de reprendre le court de ma vie. Cependant, j’ai rapidement compris que le chagrin ne se résout pas simplement par des larmes. Il s’agit plutôt d’un processus d’acceptation progressif de l’absence d’un être cher qui nécessite du temps, de la patience et parfois même du soutien.

Face à cette douleur intense, comment ne pas se tourner vers Dieu, notre Père Céleste, source de réconfort et consolateur des cœurs brisés ? C’est dans cette épreuve que j’ai ressenti le besoin de chercher sa présence et de discuter avec Lui, cœur à cœur, de ma tristesse et du chagrin qui envahissaient mon être.

La prière, une intimité avec Dieu

Au travers de la prière, j’ai pris un moment pour dialoguer avec le Père, partageant ma colère et mon incompréhension face à la perte de mon père, me demandant pourquoi je devais affronter cette nouvelle épreuve alors que je venais à peine de sortir de l’autre. J’étais anéantie, abattue, la douleur était intense. À cet instant, je ne pouvais offrir à Dieu que cette détresse, ce fardeau écrasant qui alourdissait mon cœur tel un bloc de pierre. Je lui ai livré mon cœur tel qu’il était, exprimant ma colère et ma peur face à cette absence si pesante. J’ai eu besoin de tout lui dire comme à un ami, un confident qui sait écouter sans rejeter. Je crois qu’avec Dieu, nous pouvons venir à lui tel que nous sommes, déposer nos fardeaux, lui partager nos émotions, nos larmes et mêmes nos silences et pas seulement notre joie, notre gratitude et nos alléluias

Approchons nous donc de Dieu avec un coeur sincère, avec la pleine assurance que donne la foi, le coeur purifié de toute mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure.

Hébreu 10-22

Ce verset nous invite à nous approcher sans crainte mais avec un coeur sincère avec une confiance pleine et parfaite. Dieu sait tout, c’est vrai qu’il voit tout, rien ne lui échappe de ce que l’on peut vivre, mais il nous encourage, à venir à lui avec foi lui partageant nos joies, nos réussites mais aussi tout ce qui nous fait souffrir. Il nous offre la liberté d’entrer dans le lieu très saint grâce au sang du sacrifice de Jésus (Hébreux 10-19)

Mathieu 6-6 que nous connaissons bien, nous invite aussi à le rencontrer dans le lieu secret, lieu d’intimité où il nous attend.

Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te le rendra.

Matthieu 6-6

La prière d’un coeur authentique et sincère

Pourquoi est-il si difficile de se rapprocher de Dieu et de partager avec Lui nos douleurs, émotions et blessures ? Qu’est-ce qui nous retient de nous présenter devant Lui avec nos cris, nos larmes et nos souffrances ? Peut-être ressentons-nous la peur de montrer notre faiblesse et notre vulnérabilité, ou celle d’être jugés, ou encore manquons-nous de confiance en nous et en Dieu. La société nous incite-t-elle pas souvent à dissimuler nos vrais sentiments plutôt qu’à les exprimer ? Cependant, je suis convaincue qu’ouvrir notre cœur à Dieu nous permet d’expérimenter un réconfort et une guérison puissants.

La prière est un dialogue avec Dieu, un dialogue de confidents, où je peux tout lui raconter. Je n’ai pas besoin de faire de belles phrases bien spirituelles mais juste de lui ouvrir mon coeur et de lui faire part de ce que je vis actuellement. Oui je sais, Dieu sait tout de moi, mais il désire que l’on s’épanche aussi sur lui et qu’on lui fasse part de nos besoins. N’est-ce pas aussi un acte de foi ?

On n’a pas besoin de prétendre que tout va bien. Etre vulnérable, c’est aussi un acte de foi. La foi n’efface pas les épreuves

Joyce MEYER

Récemment, pendant ma méditation, je me suis mise à relire l’histoire d’Anne, épouse souffrant de ne pouvoir enfanter. J’ai découvert sa souffrance et sa prière, un coeur sincère, entier devant Dieu criant son désespoir.

Anne livre son coeur à Dieu (1 Samuel 1)

Chaque année, Elkana effectuait le pèlerinage au sanctuaire de Silo, se prosternant devant le Seigneur tout en offrant des sacrifices. Il était accompagné de ses deux épouses : Pénina, qui lui donna plusieurs enfants, et Anne, celle qu’il chérit profondément mais qui, hélas, fut stérile.

Toutes les fois où Anne se rendait au sanctuaire de Silo, elle offrait des offrandes et des sacrifices, mais que faisait-elle de cette souffrance devenue son fardeau silencieux ? Elle repartait de ce lieu en ayant certes respecter les rituels du sacrifice annuel, mais elle repartait avec son profond désespoir.

Est-ce que dans nos moments de prières, on ne fait pas la même chose ? de belles et longues prières où nous lui apportons un liste de sujets, mais qu’en est-il de ces lourds fardeaux que nous traînons depuis longtemps et pourtant nous accablent silencieusement.

C’est lors d’un pèlerinage à Silo, qu’Anne, accablée par l’humiliation infligée par Pénina, chercha désespérément la présence de l’Éternel. Elle pria en pleurant tourmentée par sa souffrance. Anne était, cette fois-ci résolue à partager son chagrin avec Dieu, à lui exprimer toute sa douleur qui était trop lourde à porter, croyant que seul l’Eternel était capable d’accomplir l’impossible dans son corps.

Anne n’a pas eu peur de se livrer à Dieu de tout son coeur , de montrer sa vulnérabilité, son découragement.

Dieu ne reste jamais indifférent à notre détresse

Dieu entend nos prières, voit nos coeurs affligés, il n’est pas insensible à la détresse. Il exauce la prière.

Quand les justes crient, l’Eternel entend, et ils les délivre de toutes leurs détresses.

Psaumes 34-18

Dieu a entendu le cri du coeur d’Anne. Je crois qu’il a toujours eu un oeil posé sur elle et sur sa situation. Il connaissait sa souffrance mais il attendait qu’elle crie sa douleur et la dépose à l’Eternel au lieu de continuer à la subir.

Crier à Dieu sa douleur, son chagrin, ce n’est pas perdre pied, ni perdre la foi mais c’est se décharger sur lui pour un joug plus léger.

Dieu perçoit nos cris étouffés, les doux murmures de nos cœurs, ainsi que nos silences, car souvent, les mots ne suffisent pas à décrire l’intensité de notre douleur et de nos craintes. Cependant, Il demeure constamment présent, tant dans nos moments de joie que dans nos épreuves. Sa présence réconfortante nous rappelle que, même dans nos heures les plus sombres, nous ne sommes jamais vraiment seuls.

Il n’est pas honteux de confier nos douleurs à Dieu durant notre communion intime avec lui, bien au contraire, cela réjouit profondément son cœur. N’est-il pas celui qui soigne les blessures des cœurs brisés ? ne relève t-il pas la tête de ceux qui se sentent accablés et désespérés ? Dieu a le pouvoir extraordinaire de transformer nos souffrances en joie, mais pour ce faire, nous devons nous approcher de ce lieu secret où le secours de l’Éternel ne fait jamais défaut. C’est dans cette intimité que nous découvrons un réconfort et une force nouvelle pour surmonter nos épreuves.

L’Eternel est près de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent avec sincérité ; il accomplit les désirs de ceux qui le craignent. Il entend leur cri et il les sauve.

Psaumes 145:18-19

L’Eternel vient au secours de notre souffrance

Dieu a vu les larmes d’Anne, a entendu son coeur affligé et a répondu puissamment à sa prière : l’année suivante elle donna naissance à un fils et respectera son vœu de le consacrer au service du temple de Silo, pourtant le seul fils, celui tant désiré. Plus tard, le Seigneur interviendra en faveur d’Anne pour agrandir sa famille. Les larmes de la femme stérile se sont transformées en joie. AMEN, ALLÉLUIA

L’Eternel intervint en faveur d’Anne : elle fut plusieurs fois enceinte et mit au monde trois fils et deux filles. Tandis que le jeune Samuel grandissait dans la présence de Dieu.

1 samuel 2-21

Dieu est celui qui soigne nos blessures, en nous offrant réconfort et guérison à chaque individu. Il est présent dans les moments les plus difficiles, quand nous passons par la vallée de Baka, la vallée des pleurs. Quelle joie, quelle espérance ! Merci Seigneur.

Ma prière : Seigneur, même si je traverse encore la vallée des pleurs, je sais que tu es présent avec moi, que tu panses mes blessures pour transformer mes larmes en allégresse. C’est dans le silence de ton intimité que je trouve mon bien dans ta présence. Tu me relèves pas à pas, tu fortifies mon âme. Ta coupe déborde de grâces et de bénédictions. Merci Seigneur pour ma restauration. Amen

Pour moi m’approcher de Dieu c’est mon bien ; je place mon refuge dans le Seigneur l’Eternel afin de raconter toutes tes oeuvres

Psaumes 73.28

Si toi aussi, tu traverses des circonstances éprouvantes, je t’invite à t’approcher du Père, le Consolateur de nos âmes et de lui faire part de ta douleur silencieuse comme Anne. Ne résiste pas , dépose à ses pieds ton lourd fardeau et trouve paix et réconfort dans l’intimité de sa présence. Il n’y a pas meilleur endroit pour se réfugier et se libérer des souffrances.

Soyez bénis et fortifiés.


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